L’article “Mon premier tableau” participe à mon défi.

Une création… Un parcours unique est un défi que je me suis donné. C’est aussi une fenêtre ouverte sur la création. Un petit bout de mon histoire personnelle, expérience insignifiante mais qui fait partie intégrante de notre monde.

Il est des défis que l’on se donne parfois inconsciemment et qui éclairent notre chemin comme j’espère que ces narrations vous ouvrirons des horizons.

 

 

Mon Défi – Chapitre 2

Je suis née dans une famille où être artiste était inconcevable et être fonctionnaire le rêve car la sécurité !!! Pourtant du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être peintre !

Ma première création picturale fut une grande fresque réalisée à la maternelle. Elle fut réalisée après une sortie éducative scolaire dans une grotte, j’étais en 3e année de maternelle.

Je ne me souviens plus du lieu que nous avions visité. Mais je me souviens encore de mon implication et du coeur que j’ai mis à réaliser ce GRAND dessin pour moi. D’ailleurs, c’était un travail d’équipe car nous étions 2 ou 3 par fresque à dessiner et à appliquer les couleurs.

Nous avions tracé et colorié avec succès des spéléologues parmi les fameuses stalactites et stalagmites de ces lieux inspirants. Je revois encore la lumière jaune qui sortait de leur lampe frontale.

 

mon rêve d’enfant

 

Enfant, lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire, je disais que je voulais faire les Beaux Arts. Il n’y avait que cela qui avait de l’importance à mes yeux et aussi danser sur la musique qui m’emportais.

Est-ce le plaisir obtenu à réaliser ce grand dessin qui fut exposé longtemps au-dessus de la porte du préau menant au réfectoire de mon école ? Je ne saurais le dire réellement mais c’était une conviction forte et bien ancrée qui ne m’a jamais quitté.

Seulement, ma maman n’était pas d’accord. Tu seras secrétaire et fonctionnaire ma fille !

Enfin, c’est ce qu’elle aurait bien aimé.

Devant son refus catégorique de suivre l’élan de mon coeur, j’ai du oublier mon voeux le plus cher. Sans le vouloir vraiment, par la force des choses et les aléas de la vie, j’ai mis mon ambition de côté.

L’école sans motivation était une épreuve très difficile pour moi. Pas que j’étais sotte mais je crois que j’avais besoin de concret. J’étais assez bonne en travaux manuels et en mathématiques aussi. Il me semble que j’aurais pu être bonne également dans les autres matières si j’avais eu un peu d’intérêt et d’encouragement.

Ce que je désirais importait peu en fait. Ma mère avait décidé autre chose pour moi. Seulement, même si je n’avais sans aucun doute pas une assez grande confiance en moi,  j’étais têtue !

Loin d’être assez forte à l’époque pour mettre oeuvre mon projet. Bien loin d’avoir les épaules pour surpasser toutes les oppositions et critiques qui pleuvaient sur moi. Je me suis vue par la force des choses bien résolue à faire avec.

 

ma première création

 

La naissance de ma fille m’a permis d’oublier cet échec et elle fut ma première création.

Une merveille vous vous en doutez bien !

Loin de substituer mon voeux le plus cher, la tâche immense qui se présentait de faire de moi une maman m’a fait oublier, un temps, ce désir profond de liberté.

Cette maternité m’a aidée à avancer, énormément.

Grâce à elle, j’ai grandit et je suis passée de petits boulots d’appoint à travail « honnête » !

Ma mère était-elle en train de gagner la partie ?

Pas jusqu’au fait de faire de moi une fonctionnaire ! Oooh non, rien que par protestation d’adolescente attardée, je refuserai avec force !

D’ailleurs, ce jour où la possibilité de réaliser le voeux de ma chère maman s’est offert à moi. Je commençais à retrouver un peu de l’estime perdue et c’est avec force que j’ai refusé cette opportunité. Une aubaine qui semblait si parfaite pour les yeux de celle qui ne m’avait pas désirée mais voulait, sans aucun doute inconsciemment, faire de moi une copie d’elle-même !

 

mon échec

 

J’étais cependant devenue une secrétaire et c’était loin d’être MON rêve. Je dois dire que quelque part elle avait un peu gagnée !

Même s’il y avait des points positifs à tous ces emplois de bureau accumulés, je n’était pas vraiment à ma place dans toutes ses fonctions. J’y trouvais au moins un équilibre dans le fait que, à la fin de chaque mois, j’avais une paye respectable qui me permettait de vivre correctement, moi et ma fille.

Ne trouvant pas l’emploi idéal, j’écumais les diverses possibilités qui s’offraient à moi. J’engrangeais, grâce aux différentes expériences, les qualifications obtenues par la multitude des places unes à unes acquises.

Il est vrai que tant que j’apprenais de nouvelles choses, j’y trouvais un certain intérêt. Mais, dès que je stagnais et qu’aucune perspective ne s’offrait à moi, je m’ennuyais et déprimais.

Que faire ?

 

le cadeau de ma fille

 

Heureusement que les week-ends étaient là !

Je me défoulais et profitais de ces jours chômés pour écumer les vernissages et les expositions.

Je devais me plaindre sans doute un peu trop pour que ma fille, alors qu’elle n’avait que 9 ans, m’offre pour mes 30 ans un tableau.

Enfin, c’était une reproduction d’une oeuvre de Claude Monet, un petit tableau impressionniste représentant une petite fille devant une grande maison avec la signature de Monet en lettre d’or.

Elle a fait son achat toute seule avec son argent de poche sans que je n’en sache rien. Peut-être était elle accompagnée de mon compagnon de l’époque, je ne saurais le dire…

C’est vrai que j’avais toujours parlé avec elle, c’était un besoin et aussi une nécessité.

Une nécessité dont j’étais persuadée qu’elle était primordiale pour elle, pour qu’elle comprenne son histoire. Elle savait donc ce que je voulais faire enfant. Je ne lui avais jamais caché et lui avais dit ma profonde ambition d’être artiste.

Quand elle m’a offert ce petit tableau, elle a mis mon désir enfoui à la lumière. Elle a mis au grand jour ce que je lui avais communiqué comme un passé englouti et résigné. Elle m’offrait la possibilité de le rêver encore et de le mettre en oeuvre.

Et c’est ce que j’ai fait.

 

le déclic

 

Suite à son cadeau merveilleux, je me suis lancée.

Il y avait un cours de peinture pas très loin de chez moi. J’ai pris mon courage à deux mains et je me suis inscrite à mon premier cours. Arriverai-je à réaliser mon premier tableau ?

 

C’était mon rêve de peindre à l’huile.

 

Je ne me lassais pas de voir et revoir les grands maitres… Cézanne, Van Gogh, Picasso, Gauguin, Monet et puis j’ai découvert Bonnard que j’ai adoré et tant d’autres !

Finalement, je me suis jetée à l’eau !

Les instructions étaient claires, nous devions faire notre composition sur un format carré. Notre professeur nous avais conseillé d’aller chercher notre sujet dans des revues de voyage.

Nous avions libre choix et seulement les trois couleurs primaires plus un blanc et un noir pour relever le défi !

Une fois le sujet choisi il fallait le recadrer pour que la composition soit harmonieuse dans ce fameux format carré. Ensuite, il fallait reproduire notre sujet en plus grand sur la toile et trouver les couleurs en mélangeant les tubes d’huile fraichement achetés !

Heureusement que le prof était là ! Ce n’était guère aisé de placer les lumières, de dessiner juste et de trouver les bonnes tonalités afin qu’elles se répondent entre elles. Mon premier tableau prenait forme sous mes yeux.

La casquette et la tête de mon marcheur ! C’est mon prof qui me l’a faite, je n’y arrivait pas. Par contre, ce long bras déformé où je voyais bien l’erreur que je n’arrivais pas à corriger ou plutôt, où j’avais peur de faire encore plus mal est resté tel quel ! 

 

une création qui libère

 

Le principal n’est pas dans les détails parfois mais seulement dans le sentiment qui s’en dégage. L’émotion qui nous fait voyager. Les couleurs qui nous apaisent, nous portent et nous influencent au quotidien.

On ne se rend jamais vraiment compte de la portée et du choix des actions que nous faisons. Et pourtant le sujet que j’avais choisi était des plus parlant par rapport à mon histoire, par rapport à ce que je vivais au quotidien et par rapport à ce que j’ai vécu pour arriver jusqu’ici. Et être là, aujourd’hui à écrire ses lignes !

Bien sur que sur le moment il importait peu. Et bien sur que je ne m’étais pas posée de question lors du choix du sujet mais il faut bien se rendre à l’évidence. Un tel sujet ne s’invente pas !

Un homme qui marche seul, sur le chemin, tirant sa mule chargée. Il marche  paisiblement d’un pas volontaire. Le soleil est là, on le sent puissant à travers la végétation.

Oui, le tableau est baigné de lumière. Il est sur le chemin.


Il est en marche…

L’homme qui marche, c’est un peu chacun d’entre nous, avec plus où moins de charges à transporter, plus ou moins de casseroles à lâcher ! Moi j’en ai tellement qu’il me faut même un âne pour les transporter !!

 

 

Oh, au fait !
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Je vous souhaite une journée lumineuse !

 

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